Assurance vie fonds en euros : fonctionnement, rendement et bonne utilisation
Fonds en euros d'assurance vie : capital garanti, taux 2026, frais, fiscalité et erreurs à éviter. Le guide complet pour savoir quand et comment l'utiliser.

Le fonds en euros est un support d'investissement sécurisé de l'assurance vie, dont le capital est garanti par l'assureur (net des frais de gestion). Principalement investi en obligations, il offre un rendement stable. Les gains annuels sont définitivement acquis grâce à l'effet cliquet, mais sont soumis chaque année aux prélèvements sociaux.
Le fonds en euros est le support sécurisé par excellence de l'assurance vie, offrant une garantie sur le capital versé. Son fonctionnement, basé sur un portefeuille majoritairement obligataire, vise la stabilité plutôt que la haute performance. Cependant, cette sécurité a un coût : le rendement réel perçu par l'épargnant dépend directement du taux servi par l'assureur, mais aussi des frais de gestion du contrat et de la fiscalité. Comprendre cette mécanique est essentiel pour bien utiliser ce support dans votre stratégie patrimoniale en 2026. Pour une vision d'ensemble du contrat, vous pouvez consulter notre guide sur le fonctionnement général de l'assurance vie.
Pour aller plus loin, comprendre les mécanismes du fonds en euros est essentiel, ce qui est le propos de notre guide complet sur le contrat assurance vie.
Ce qu'il faut retenir
- Le fonds en euros garantit le capital investi, mais cette garantie s'entend nette des frais de gestion du contrat.
- Les intérêts générés chaque année sont définitivement acquis grâce à l'effet cliquet.
- Le rendement net est le seul indicateur pertinent : il correspond au taux brut moins les frais de gestion et les prélèvements sociaux.
- Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année sur les gains du fonds en euros, réduisant la capitalisation.
- La principale menace pour le fonds en euros est l'inflation, qui peut rendre son rendement réel négatif et éroder le pouvoir d'achat.
Qu'est-ce qu'un fonds en euros ? Mécanisme et garantie du capital
Le fonds en euros est un support d'investissement proposé quasi-exclusivement au sein des contrats d'assurance vie et des plans d'épargne retraite. Sa popularité repose sur une promesse simple et rassurante : la garantie du capital. Contrairement aux unités de compte (UC) dont la valeur fluctue avec les marchés financiers, le montant que vous placez sur un fonds en euros ne peut, en principe, pas baisser, hors frais de gestion. Cette stabilité est le pilier de son attractivité pour les épargnants prudents.
Derrière cette garantie se trouve un mécanisme de gestion financière spécifique. L'assureur collecte l'épargne et l'investit dans un portefeuille d'actifs à faible risque, appelé "actif général". Ce portefeuille est la clé de la sécurité et du rendement du fonds. L'objectif n'est pas la performance spectaculaire, mais la régularité et la préservation du capital, ce qui en fait la base de nombreuses allocations patrimoniales.
Comment l'assureur investit votre épargne
Pour assurer la sécurité du capital, l'assureur investit majoritairement dans des actifs peu volatils. Le cœur du portefeuille d'un fonds en euros est constitué d'obligations, qui sont des titres de dette émis par des États (comme les OAT françaises) ou de grandes entreprises. Ces placements offrent un rendement prévisible et un risque de défaut très faible. Selon les chiffres de la fédération France Assureurs, les obligations représentent en moyenne plus de 70 % de l'actif des fonds en euros.
Le reste du portefeuille est diversifié dans des actifs un peu plus dynamiques pour tenter d'améliorer le rendement. On y trouve généralement :
- De l'immobilier (bureaux, commerces)
- Des actions (de manière très minoritaire)
- Des titres de diversification
L'assureur dispose aussi d'un mécanisme de lissage des rendements : la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB). Il peut mettre de côté une partie des gains des bonnes années pour les redistribuer lors des années moins performantes, assurant ainsi un taux plus stable dans le temps.
La garantie du capital : ce qu'elle couvre vraiment
La garantie du capital est l'argument majeur du fonds en euros, mais il faut en comprendre la portée exacte. L'assureur garantit le capital que vous avez versé, augmenté des intérêts passés. Cependant, cette garantie est toujours "nette de frais de gestion".
Concrètement, chaque année, l'assureur prélève des frais de gestion sur votre épargne (par exemple 0,60 %). Si le rendement brut du fonds en euros est de 2,50 %, votre rendement net de frais sera de 1,90 %. Votre capital progresse. Mais si une année, le rendement brut tombait à 0,50 %, votre capital baisserait de 0,10 % (0,50 % - 0,60 %). Ce cas de figure reste rare, mais il illustre que la garantie ne protège pas de l'impact des frais. La garantie est donc forte, mais pas absolue au point d'annuler les frais contractuels.
L'effet cliquet : les gains définitivement acquis
L'effet cliquet est une caractéristique fondamentale et très appréciée des fonds en euros. Une fois que la participation aux bénéfices (les intérêts de l'année) est versée sur votre contrat, généralement le 31 décembre, elle est définitivement acquise. Elle s'ajoute au capital déjà garanti et produira à son tour des intérêts l'année suivante.
Cet effet de capitalisation sécurisée est unique. Contrairement à un gain sur une unité de compte qui peut disparaître lors d'une baisse des marchés, les gains enregistrés sur le fonds en euros ne peuvent plus être repris. Chaque année, le cliquet vient donc remonter le niveau du capital garanti, créant un effet "boule de neige" sécurisé. C'est ce qui permet au capital de progresser par paliers successifs et irréversibles.
Taux de rendement des fonds en euros : comment le lire et le comparer
Comparer les rendements des fonds en euros demande une lecture attentive. Les assureurs communiquent un "taux de rendement" annuel, mais il est crucial de savoir de quoi l'on parle. Il existe plusieurs niveaux de lecture qui changent radicalement le gain final pour l'épargnant. Se focaliser sur le taux brut annoncé dans les publicités sans tenir compte des frais et des impôts est le meilleur moyen d'être déçu.
La performance d'un fonds en euros ne se juge pas en une seule année, mais sur la durée. Un assureur peut servir un taux "boosté" une année pour attirer de nouveaux clients, financé par ses réserves (la PPB), puis revenir à un niveau plus modeste les années suivantes. Il est donc plus pertinent d'analyser la régularité des performances sur 3 à 5 ans et de toujours la mettre en perspective avec les frais prélevés par le contrat. Pour vous faire une idée des performances récentes, notre analyse des taux des fonds en euros en 2026 peut vous éclairer.
Taux brut vs taux net : le calcul qui change tout
La distinction entre les différents niveaux de taux est primordiale pour calculer votre gain réel.
- Le taux brut : C'est le rendement global du fonds en euros avant toute ponction. C'est souvent celui mis en avant commercialement. Par exemple : 3,00 %.
- Le taux net de frais de gestion : C'est le taux brut duquel on soustrait les frais de gestion du contrat. Si les frais sont de 0,70 %, le taux net de frais devient 2,30 % (3,00 % - 0,70 %). C'est ce qui est réellement crédité sur votre contrat avant fiscalité.
- Le taux net de prélèvements sociaux et d'impôts : De ce rendement net de frais, il faut encore déduire les prélèvements sociaux (17,2 %). Sur notre exemple, cela représente 0,39 % (2,30 % * 17,2 %). Le taux net final tombe donc à environ 1,91 %. C'est le gain qui reste réellement dans votre poche, avant un éventuel impôt sur le revenu en cas de rachat.
Pourquoi les taux varient d'un contrat à l'autre
Il n'existe pas un, mais des centaines de fonds en euros, et leurs rendements peuvent varier significativement. Plusieurs raisons expliquent ces écarts :
- La composition de l'actif général : Un assureur dont le portefeuille obligataire ancien est composé d'obligations à taux élevé servira de meilleurs rendements plus longtemps.
- Les frais de gestion : C'est le facteur le plus direct. Un contrat avec 0,50 % de frais sera toujours plus performant qu'un autre à 1 %, à taux brut égal.
- La politique de l'assureur : Certains assureurs sont plus généreux avec leurs clients, en distribuant une plus grande part de leurs bénéfices. D'autres peuvent privilégier la mise en réserve (PPB) pour lisser les performances futures.
- Les bonus de rendement : De nombreux contrats proposent des taux bonifiés si vous investissez une part de votre épargne en unités de compte, ce qui peut créer des écarts importants entre les épargnants au sein d'un même contrat.
Les facteurs qui pèsent sur le rendement futur
Le principal moteur du rendement des fonds en euros est le niveau des taux d'intérêt. L'essentiel du portefeuille étant investi en obligations, le rendement futur dépend directement du rendement de ces obligations sur les marchés. La remontée des taux directeurs par les banques centrales depuis 2022 a permis aux assureurs d'investir dans de nouvelles obligations plus rémunératrices, ce qui a entraîné une hausse des rendements servis.
Cependant, cette inertie fonctionne dans les deux sens. Le stock d'obligations anciennes, à faible rendement, pèse encore lourdement dans les portefeuilles et limite la vitesse de la hausse. À l'avenir, le rendement dépendra donc de la politique des banques centrales, de l'inflation et de la capacité des assureurs à renouveler leur portefeuille obligataire dans de bonnes conditions. Une vigilance sur le contexte économique est donc nécessaire pour anticiper les tendances.
Cas pratique : simulation du rendement net réel sur un contrat type
Pour illustrer l'impact des frais sur le rendement net, rien ne vaut une simulation concrète. Prenons le cas d'un épargnant qui verse 10 000 € sur son assurance vie, intégralement sur le fonds en euros. Nous allons comparer deux types de contrats sur une seule année pour simplifier la lecture : un contrat en ligne moderne et un contrat plus ancien, souvent distribué par les réseaux bancaires.
Ce cas pratique permet de matérialiser l'érosion du rendement brut et de comprendre où va chaque euro. C'est un exercice essentiel pour choisir le bon contrat et ne pas se laisser aveugler par un taux d'appel parfois trompeur.
Pour ceux qui souhaitent évaluer le rendement potentiel de leur épargne, un simulateur assurance vie peut s'avérer très utile.
💡 À noter : Ce scénario est une illustration pédagogique. Les taux et frais sont des hypothèses réalistes pour 2026, mais ne constituent pas une garantie de performance.
Les hypothèses du scénario
Nous comparons deux contrats avec les caractéristiques suivantes :
- Versement initial : 10 000 €
- Taux de rendement brut du fonds en euros (hypothèse) : 3,00 % pour les deux.
- Prélèvements sociaux : 17,2 % sur les gains.
Voici les différences entre les deux contrats :
- Contrat A (type en ligne)
- Frais sur versement : 0 %
- Frais de gestion annuels : 0,60 %
- Contrat B (type bancaire classique)
- Frais sur versement : 2,50 %
- Frais de gestion annuels : 0,95 %
Calcul année par année : frais et prélèvements sociaux
Analysons le gain réel à la fin de la première année.
Contrat A (frais réduits)
- Capital de départ réel : 10 000 € (pas de frais sur versement).
- Intérêts bruts : 10 000 € * 3,00 % = 300 €.
- Capital brut total : 10 300 €.
- Prélèvement des frais de gestion : 10 300 € * 0,60 % = 61,80 €.
- Intérêts nets de frais : 300 € - 61,80 € = 238,20 €.
- Prélèvements sociaux : 238,20 € * 17,2 % = 41,00 €.
- Capital net en fin d'année : 10 197,20 € (soit un gain net de 1,97 %).
Contrat B (frais élevés)
- Capital de départ réel : 10 000 € - (10 000 € * 2,50 %) = 9 750 €.
- Intérêts bruts : 9 750 € * 3,00 % = 292,50 €.
- Capital brut total : 10 042,50 €.
- Prélèvement des frais de gestion : 10 042,50 € * 0,95 % = 95,40 €.
- Intérêts nets de frais : 292,50 € - 95,40 € = 197,10 €.
- Prélèvements sociaux : 197,10 € * 17,2 % = 33,90 €.
- Capital net en fin d'année : 9 913,20 € (soit une perte de 0,87 %).
Ce que le lecteur retient du comparatif
Ce comparatif simple est sans appel. À taux brut identique, l'impact des frais est considérable.
- Les frais sur versement amputent immédiatement le capital de départ. Dans le cas du contrat B, il faudra plus d'un an de performance positive juste pour revenir au montant initial de 10 000 €.
- Les frais de gestion annuels, même s'ils semblent faibles, grignotent une part significative du rendement. Dans notre exemple, ils réduisent le gain brut de 21 % pour le contrat A et de 33 % pour le contrat B.
L'enseignement est clair : avant de regarder le taux de rendement brut, il est impératif d'analyser la structure de frais du contrat. Les contrats en ligne, sans frais d'entrée et avec des frais de gestion réduits, offrent une performance nette mécaniquement supérieure pour le fonds en euros.
Le fonds en euros reste un pilier pour beaucoup, mais pour les épargnants cherchant à comprendre toutes les facettes de ce placement, une lecture de notre Assurance vie expliquée aux nuls peut éclairer vos choix.
Fonds en euros ou unités de compte : choisir selon son profil
L'assurance vie est un contrat "multisupport", ce qui signifie qu'elle permet d'investir à la fois sur le fonds en euros sécurisé et sur des unités de compte (UC), plus dynamiques mais sans garantie en capital. L'arbitrage entre ces deux supports est au cœur de la gestion de votre contrat. Ce n'est pas un choix binaire, mais une question d'équilibre et d'allocation à ajuster selon vos objectifs, votre tolérance au risque et votre horizon de placement.
Considérer le fonds en euros non pas comme une solution unique mais comme la fondation stable de votre allocation est une approche saine. Il sert de socle sécurisé, tandis que les unités de compte agissent comme un moteur de performance sur le long terme. La proportion de chaque support dans votre contrat définira le couple rendement/risque global de votre investissement.
Profil prudent : quand le fonds en euros reste central
Pour un épargnant au profil prudent, dont l'objectif principal est la préservation du capital, le fonds en euros doit rester la part majoritaire de l'investissement. Il est particulièrement adapté pour :
- L'épargne de précaution : Si votre assurance vie vous sert de réserve de sécurité, une allocation à 100 % en fonds en euros est justifiée.
- Un projet à court ou moyen terme (moins de 5 ans) : Pour financer un projet daté (achat immobilier, études des enfants), la garantie du capital est indispensable.
- La sécurisation des plus-values : À l'approche de la retraite, il est courant de basculer progressivement les gains réalisés sur les unités de compte vers le fonds en euros pour les mettre à l'abri des fluctuations de marché.
Dans ces cas, le fonds en euros joue pleinement son rôle de rempart contre la volatilité.
Profil dynamique : la part à dédier aux unités de compte
Un épargnant au profil dynamique, qui recherche la performance sur le long terme et accepte une part de risque, doit privilégier les unités de compte. Celles-ci, investies en actions, immobilier ou autres actifs, offrent un potentiel de croissance bien supérieur sur des périodes de 8 ans et plus.
Pour ce profil, le fonds en euros n'est pas inutile, mais son rôle change. Il peut représenter une part minoritaire du portefeuille (10 % à 30 %) pour :
- Servir de poche de liquidités pour saisir des opportunités d'investissement sur les UC lors des baisses de marché.
- Stabiliser la performance globale du contrat en amortissant les chocs boursiers.
- Temporairement sécuriser le capital en attendant que des conditions de marché plus favorables se présentent. Il devient un outil tactique plus qu'un support d'investissement principal.
Horizon court vs long terme : la règle d'allocation
La règle la plus simple en matière d'allocation est de lier la prise de risque à la durée. Plus votre horizon de placement est lointain, plus vous pouvez vous permettre d'allouer une part importante aux unités de compte, car vous aurez le temps de surmonter les éventuelles crises boursières.
- Horizon inférieur à 3 ans : 80 % à 100 % de fonds en euros. La priorité est la protection du capital.
- Horizon de 3 à 8 ans : 50 % à 70 % de fonds en euros. Un équilibre entre sécurité et recherche d'un peu de performance.
- Horizon supérieur à 8 ans : 20 % à 50 % de fonds en euros. L'objectif est de maximiser la croissance à long terme, le fonds en euros servant de stabilisateur.
Cette répartition peut être ajustée selon votre sensibilité personnelle au risque. Certains contrats proposent des options de gestion qui automatisent cette désensibilisation au risque à l'approche de l'échéance de votre projet.
L'erreur courante : croire que le fonds en euros est toujours sans risque
L'argument de la "sécurité absolue" du fonds en euros est souvent avancé, mais il mérite d'être nuancé. Si le risque de perte en capital nominal est quasi-inexistant (hors impact des frais), il existe un autre risque, bien plus insidieux : la perte de pouvoir d'achat. Croire que son argent est totalement sans risque simplement parce que son montant en euros ne baisse pas est l'erreur la plus courante.
L'épargnant doit comprendre que le véritable objectif n'est pas de maintenir un capital, mais de maintenir sa capacité à acheter des biens et des services dans le futur. Un rendement net inférieur à l'inflation signifie que, malgré une performance positive affichée sur son relevé, son épargne lui permettra d'acheter moins de choses l'année suivante. C'est le principal piège à éviter avec une allocation trop exclusive sur ce support à long terme.
Inflation et prélèvements sociaux : l'ennemi silencieux du rendement
Le rendement réel de votre épargne est la donnée la plus importante. Il se calcule simplement : Taux de rendement net de frais et de prélèvements sociaux - Taux d'inflation.
- Scénario :
- Taux de rendement net de frais et de PS : 1,80 %
- Taux d'inflation (INSEE, 2026, hypothèse) : 2,00 %
- Rendement réel : 1,80 % - 2,00 % = -0,20 %.
Dans ce cas de figure très courant, votre capital a bien augmenté de 1,80 % en euros, mais comme le coût de la vie a augmenté de 2,00 %, votre pouvoir d'achat a en réalité diminué. Sur une longue période, cette érosion silencieuse peut avoir des conséquences significatives, en particulier pour la préparation de la retraite. Le fonds en euros protège le capital, mais pas nécessairement le pouvoir d'achat.
Frais d'entrée élevés : le piège du court terme
Une autre erreur fréquente est d'utiliser un contrat d'assurance vie avec des frais d'entrée élevés pour y placer des liquidités à court terme sur le fonds en euros, en pensant que le capital est garanti et disponible.
Prenons l'exemple d'un versement de 5 000 € sur un contrat affichant 3 % de frais d'entrée. Immédiatement, le capital investi n'est plus que de 4 850 €. Avec un rendement net de 2 %, il faudrait plus d'un an et demi juste pour récupérer le montant du versement initial. Si vous avez besoin de récupérer votre argent avant, vous subirez une perte sèche. Le fonds en euros n'est efficace que si les frais d'entrée sont nuls ou très faibles, surtout pour un horizon court.
Ces frais, qui peuvent considérablement réduire le rendement net, sont un point crucial à surveiller. Une analyse comparative des frais assurance vie vous aidera à identifier les contrats les plus avantageux.
Fiscalité du fonds en euros : prélèvements sociaux et imposition des gains
La fiscalité de l'assurance vie s'applique aux gains réalisés au moment d'un rachat (retrait). Le fonds en euros présente une particularité importante concernant les prélèvements sociaux. Il est essentiel de distinguer ces prélèvements de l'impôt sur le revenu, qui n'intervient qu'en cas de sortie.
Comprendre cette mécanique permet d'optimiser les retraits et d'anticiper le rendement net final de son investissement. La fiscalité de l'assurance vie devenant particulièrement avantageuse après 8 ans de détention, il est crucial de bien en saisir les rouages. Pour une analyse détaillée, notre guide fiscal complet de l'assurance vie est à votre disposition.
Prélèvements sociaux : une ponction annuelle automatique
C'est une différence majeure avec les unités de compte. Pour le fonds en euros, les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % sont prélevés chaque année "au fil de l'eau". Dès que l'assureur inscrit les intérêts sur votre contrat au 31 décembre, il prélève directement la part destinée aux organismes sociaux.
Cette ponction annuelle a un impact direct sur la performance à long terme, car elle réduit le montant des gains qui sont réinvestis chaque année. L'effet "boule de neige" de la capitalisation est donc légèrement freiné. Sur les unités de compte, en revanche, les prélèvements sociaux ne sont dus qu'au moment où vous effectuez un rachat, ce qui permet à 100 % des gains de continuer à travailler tant que vous ne retirez pas d'argent.
Imposition à la sortie : flat tax, barème et abattement après 8 ans
Lorsque vous effectuez un rachat sur votre contrat, la part de gains comprise dans ce rachat est soumise à l'impôt sur le revenu. La fiscalité dépend de l'âge du contrat :
- Avant 8 ans : les gains sont imposés au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 12,8 % (soit 30 % avec les prélèvements sociaux), ou sur option au barème de l'impôt sur le revenu si cela est plus avantageux pour vous.
- Après 8 ans : la fiscalité s'allège considérablement. Vous bénéficiez d'un abattement annuel sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. Au-delà de cet abattement, le taux d'imposition est de 7,5 % (pour les versements jusqu'à 150 000 €) ou 12,8 %. L'option pour le barème progressif reste possible.
Cette fiscalité avantageuse après 8 ans est l'un des atouts majeurs de l'enveloppe assurance vie, qu'il s'agisse de gains issus du fonds en euros ou des unités de compte.
Fonds en euros et transmission du patrimoine : ce qu'il faut savoir
L'assurance vie est un outil de transmission de patrimoine très performant. En cas de décès de l'assuré, les capitaux sont versés aux bénéficiaires désignés dans le contrat, en dehors de la succession classique. Cela permet de bénéficier d'une fiscalité très avantageuse.
Il est important de comprendre que ce régime successoral favorable s'applique à l'ensemble du capital du contrat, qu'il soit investi sur le fonds en euros ou sur des unités de compte. Le choix du support d'investissement n'a aucun impact sur les règles de transmission. Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu'à 152 500 € en totale exonération de droits de succession. Pour approfondir ce sujet, n'hésitez pas à consulter notre guide sur la fiscalité de l'assurance vie en cas de succession.
Sources
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
Questions sur le patrimoine
C'est quoi un fonds en euros dans une assurance vie ?
Le fonds en euros est un support d'investissement au sein d'un contrat d'assurance vie. Son capital est garanti par l'assureur (net des frais de gestion). Il est principalement investi en obligations d'États ou d'entreprises, ce qui lui assure une grande stabilité et un risque très faible.
Le capital est-il vraiment garanti sur un fonds en euros ?
Oui, le capital versé sur un fonds en euros est garanti par l'assureur. Cependant, cette garantie s'applique avant déduction des frais de gestion annuels du contrat. Si le rendement brut du fonds est inférieur aux frais de gestion, le capital peut légèrement baisser. Les gains annuels, une fois distribués, sont définitivement acquis ("effet cliquet").
Quel est le taux moyen des fonds en euros en 2026 ?
Les taux des fonds en euros pour 2026 ne seront connus qu'en début d'année 2027. À titre indicatif, les rendements moyens servis en 2025 se situaient autour de 2,5 % à 3 % (France Assureurs, 2026), mais cela varie fortement d'un contrat à l'autre selon les frais et la performance de l'assureur.
Les prélèvements sociaux sont-ils prélevés chaque année sur un fonds en euros ?
Oui, c'est une spécificité du fonds en euros. Les prélèvements sociaux (actuellement **17,2 %**) sont prélevés chaque année sur les intérêts générés, que vous fassiez un rachat ou non. Pour les unités de compte, ils ne sont dus qu'au moment d'un rachat.
Vaut-il mieux mettre son argent sur un fonds en euros ou des unités de compte ?
Cela dépend de votre profil de risque et de votre horizon de placement. Le fonds en euros est idéal pour sécuriser son capital et pour des objectifs à court ou moyen terme. Les unités de compte, plus risquées mais potentiellement plus performantes, sont adaptées à une stratégie de long terme pour dynamiser son épargne. Une combinaison des deux est souvent recommandée.
Peut-on perdre de l'argent sur un fonds en euros ?
Oui, dans deux cas de figure. Premièrement, si le rendement brut est inférieur aux frais de gestion, le capital peut légèrement s'éroder. Deuxièmement, et c'est le risque principal, si le rendement net est inférieur à l'inflation, vous perdez du pouvoir d'achat : votre capital est préservé en euros, mais il permet d'acheter moins de choses.
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