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Assurance vie plafond 2026 : les 4 seuils qui comptent
Assurance vie

Plafond assurance vie : versements, fiscalité et succession expliqués

Quel est le plafond d'une assurance vie ? Versements libres, abattements successoraux (152 500 € / 30 500 €), seuil fiscal 150 000 € : tout comprendre en 2026.

Mélanie BlancMélanie Blanc 19 min de lecture
L'Assurance-Vie : le guide complet en 10 minutes

Il n'existe pas de plafond légal de versement sur un contrat d'assurance vie (service-public.fr, 2026). Le « plafond assurance vie » recouvre en réalité quatre seuils distincts : 150 000 € d'encours (seuil fiscal PFU retraits après 8 ans), 152 500 € par bénéficiaire (abattement successoral avant 70 ans, art. 990 I CGI), 30 500 € global (abattement primes après 70 ans, art. 757 B CGI) et 5 % maximum de frais d'entrée (Code des assurances, 2026).

Il n'existe pas de plafond légal de versement sur un contrat d'assurance vie. Ce que beaucoup appellent « plafond assurance vie » recouvre en réalité quatre seuils distincts, chacun obéissant à une logique fiscale ou successorale différente. En pratique, ces seuils ne limitent pas vos dépôts : ils déterminent comment vos gains seront imposés en cas de retrait et quel traitement fiscal s'appliquera à la transmission du capital. Décortiquons-les un par un.

Comparatif en un coup d'œil

Cliquez sur un en-tête de colonne pour trier.

SeuilSeuilNatureBase légaleConséquence si dépassé
Plafond de versementIllimité (sauf primes exagérées)Aucun plafond légalAucuneRisque de requalification (primes exagérées)
Seuil fiscal retraits150 000 €Seuil fiscal IR – gains après 8 ansArt. 125-0 A CGIPFU 12,8 % sur la part d'encours > 150 000 €
Abattement avant 70 ans152 500 €Abattement successoral par bénéficiaireArt. 990 I CGI20 % puis 31,25 % (primes > 700 000 €)
Abattement après 70 ans30 500 €Abattement successoral global (tous bénéficiaires)Art. 757 B CGIDroits de mutation selon lien de parenté

L'assurance vie a-t-elle un plafond de versement ?

La réponse est simple : il n'existe pas de plafond légal de versement sur un contrat d'assurance vie. Le service-public.fr le confirme sans ambiguïté (2026). Contrairement au Livret A (plafonné à 22 950 €) ou au LEP (10 000 €), l'assurance vie vous laisse entièrement libre du montant de vos dépôts.

Cette absence de limite en fait un outil de capitalisation puissant. Certains contrats hébergent plusieurs centaines de milliers d'euros, voire plusieurs millions, sans que la réglementation ne l'interdise. Cette liberté s'accompagne toutefois de deux garde-fous distincts : celui des primes manifestement exagérées et le plafonnement légal des frais à l'entrée.

Les seuils que l'on associe souvent au « plafond assurance vie » : les 150 000 €, 152 500 € ou 30 500 € : concernent exclusivement la fiscalité des retraits et la transmission. Ils ne limitent en rien le montant que vous pouvez investir.

Ni le Code des assurances ni le Code général des impôts ne fixent de montant maximal pour les versements sur un contrat d'assurance vie. Vous pouvez alimenter votre contrat à votre rythme : versements programmés mensuels, dépôts ponctuels, ou une combinaison des deux. Il n'existe pas non plus de plafond annuel, contrairement au PER où la déductibilité fiscale est bornée à 10 % de 8 PASS, soit 38 448 € pour 2026.

Cette liberté totale distingue l'assurance vie d'autres enveloppes fiscales. Le PEA, par exemple, est limité à 150 000 € de versements cumulés. L'assurance vie, elle, peut accueillir un patrimoine bien supérieur, ce qui explique son rôle central dans les stratégies de transmission.

La notion de primes manifestement exagérées

La seule limite juridique à vos versements est la notion de primes manifestement exagérées. Issue de la jurisprudence, elle permet aux héritiers ou à l'administration fiscale de contester des versements disproportionnés au regard de votre patrimoine et de vos revenus au moment du dépôt.

Concrètement, un versement de 200 000 € effectué à 85 ans alors que votre patrimoine total est de 250 000 € pourrait être jugé excessif. La conséquence : les primes concernées seraient réintégrées dans la succession et soumises aux droits de mutation classiques. La jurisprudence apprécie cette exagération au cas par cas, en fonction de l'âge, de la situation familiale et de l'utilité du placement pour le souscripteur.

Le plafond des frais à l'entrée : 5 % depuis 2026

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le Code des assurances plafonne les frais à l'entrée et sur versement à 5 % du montant versé au cours d'une année donnée (legifrance.gouv.fr). Ce plafond protège l'épargnant contre des contrats trop gourmands en commissions.

Un versement de 10 000 € ne peut donc pas générer plus de 500 € de frais d'entrée. Beaucoup de contrats en ligne appliquent des frais d'entrée à 0 %, bien en dessous de ce plafond. À l'inverse, les contrats proposés par certains réseaux bancaires traditionnels affichent encore des frais autour de 3 à 5 %, que vous pouvez souvent négocier. Avant d'ouvrir un contrat, consultez notre comparatif des frais d'assurance vie.

Le seuil fiscal de 150 000 € : comment fonctionne-t-il ?

Le seuil de 150 000 € est souvent présenté à tort comme un plafond de versement. Il s'agit en réalité d'un seuil fiscal qui détermine le taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) applicable aux gains lors d'un retrait après 8 ans de détention.

Ce seuil s'apprécie au niveau de l'encours total, c'est-à-dire la somme des capitaux détenus sur l'ensemble de vos contrats d'assurance vie (hors PER). Il ne s'agit pas des gains, mais bien du capital cumulé, tous contrats confondus.

Ce seuil est déterminant pour comprendre l' imposition assurance vie 2026 : taux, abattements et rachat de votre capital.

Pour bien comprendre la fiscalité applicable à chaque situation, notre guide fiscal complet de l'assurance vie détaille l'ensemble des règles.

PFU à 7,5 % sous 150 000 € d'encours

Pour les contrats détenus depuis plus de 8 ans, le mécanisme est proportionnel. La fraction des gains correspondant à un encours inférieur à 150 000 € est soumise au PFU de 7,5 % (impots.gouv.fr). Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'y ajoutent, portant la taxation totale à 24,7 %.

Ce traitement fiscal avantageux explique l'intérêt de conserver ses contrats au moins 8 ans. Avant ce délai, les gains sont taxés à la flat tax de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de PS), sans distinction liée au seuil de 150 000 €.

PFU à 12,8 % au-delà : calcul proportionnel

Lorsque l'encours dépasse 150 000 €, le PFU s'applique de manière mixte (impots.gouv.fr). Les gains sont répartis proportionnellement entre la part d'encours sous 150 000 € (taxée à 7,5 %) et la part au-delà (taxée à 12,8 %). Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent uniformément.

Prenons un exemple : un célibataire détient 200 000 € d'encours et retire 20 000 € de gains. La proportion sous 150 000 € est de 150 000/200 000, soit 75 %. Sur les 20 000 € de gains, 15 000 € sont taxés à 7,5 % et 5 000 € à 12,8 %. L'abattement annuel de 4 600 € vient ensuite réduire l'assiette imposable.

Abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € : conditions

Après 8 ans de détention, un abattement annuel s'applique sur les gains retirés avant imposition : 4 600 € pour un célibataire, veuf ou divorcé, et 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune (economie.gouv.fr).

Cet abattement se renouvelle chaque année. Un couple peut donc retirer jusqu'à 9 200 € de gains chaque année civile sans aucune imposition sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus). Au-delà, le PFU s'applique selon la règle des 150 000 €. Une option pour le barème progressif de l'IR reste ouverte sur demande, ce qui peut être avantageux pour les contribuables faiblement imposés.

CAS PRATIQUE : trois profils, trois impacts fiscaux chiffrés

Trois situations concrètes permettent d'illustrer l'impact de ces seuils. Les calculs qui suivent intègrent les prélèvements sociaux de 17,2 % et supposent que l'option pour le PFU est retenue. Un conseiller en gestion de patrimoine pourra vous aider à déterminer si l'option pour le barème progressif serait plus favorable dans votre situation personnelle.

Profil 1 : retrait avant 8 ans, encours 80 000 €

Marc, 35 ans, a ouvert un contrat il y a 5 ans. L'encours est de 80 000 €, dont 10 000 € de gains. Il retire la totalité, soit 10 000 € de gains.

Résultat : contrat de moins de 8 ans, le PFU de 12,8 % s'applique sans abattement. Marc paie 1 280 € d'impôt sur le revenu + 1 720 € de prélèvements sociaux, soit 3 000 € au total. Le taux effectif est de 30 %. Marc aurait eu intérêt à patienter 3 ans de plus pour bénéficier du taux réduit et de l'abattement annuel.

Profil 2 : couple après 8 ans, encours 120 000 €, abattement plein

Sophie et Thomas, mariés, détiennent un contrat depuis 11 ans. L'encours est de 120 000 € (sous le seuil de 150 000 €), dont 30 000 € de gains. Ils retirent 9 200 € de gains.

L'abattement de 9 200 € absorbe intégralement le retrait. Aucun impôt sur le revenu n'est dû. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent : 1 582 €. Le taux effectif tombe à 17,2 %. En fractionnant leurs retraits sur plusieurs années, Sophie et Thomas peuvent puiser dans leurs gains sans jamais payer l'IR.

Profil 3 : célibataire après 8 ans, encours 200 000 €, PFU mixte

Nathalie, célibataire, a cumulé 200 000 € d'encours sur deux contrats détenus depuis 10 ans. Elle retire 30 000 € de gains.

Étape 1 : abattement de 4 600 €, reste 25 400 € imposables. Étape 2 : proportion sous 150 000 € = 75 % (150 000 / 200 000). Sur 25 400 € : 19 050 € taxés à 7,5 % = 1 429 € ; 6 350 € taxés à 12,8 % = 813 €. IR total : 2 242 €. PS : 30 000 × 17,2 % = 5 160 €. Total : 7 402 €, soit un taux effectif de 24,7 %. Le seuil de 150 000 € joue pleinement son rôle de mixeur fiscal.

Plafond assurance vie avant 70 ans : l'abattement successoral de 152 500 €

Pour mieux comprendre les implications fiscales et les abattements, vous pouvez consulter notre guide sur la taxation assurance vie 2026 : taux, abattements.

Le premier véritable « plafond » que rencontrent les épargnants est l'abattement successoral de 152 500 € par bénéficiaire, applicable aux primes versées avant le 70ᵉ anniversaire du souscripteur. Instauré par l'article 990 I du Code général des impôts, ce dispositif constitue l'un des piliers de l'attractivité successorale de l'assurance vie.

Contrairement à une idée reçue, cet abattement n'est pas global : il se renouvelle intégralement pour chaque bénéficiaire désigné. Un souscripteur qui désigne trois enfants comme bénéficiaires à parts égales peut ainsi transmettre jusqu'à 457 500 € (3 × 152 500 €) en franchise de droits. Ce mécanisme offre une souplesse bien supérieure à celle du cadre successoral classique. Notre article sur l'assurance vie et la succession explore en détail ces stratégies de transmission.

152 500 € par bénéficiaire : ce que couvre cet abattement

L'abattement de 152 500 € s'applique aux sommes transmises au décès du souscripteur, pour les primes versées avant ses 70 ans. Il est accordé par bénéficiaire et par contrat, ce qui signifie que plusieurs bénéficiaires peuvent chacun en profiter pleinement.

Cet abattement est indépendant de l'abattement successoral classique de 100 000 € par enfant (tous les 15 ans). Autrement dit, un enfant peut recevoir 100 000 € par donation ou succession classique ET 152 500 € via un contrat d'assurance vie, sans cumul des abattements.

Taux de 20 % puis 31,25 % au-delà du plafond

Au-delà de l'abattement de 152 500 €, la taxation s'opère selon un barème spécifique (economie.gouv.fr, 2025) : 20 % sur la tranche comprise entre 152 500 € et 700 000 €, puis 31,25 % au-delà de 700 000 €. Ces taux s'appliquent quel que soit le lien de parenté entre le souscripteur et le bénéficiaire.

Pour un bénéficiaire unique recevant 500 000 € de primes versées avant 70 ans, le calcul est le suivant : 152 500 € exonérés, (500 000 – 152 500) = 347 500 € taxés à 20 %, soit 69 500 € de droits. Le bénéficiaire perçoit net 430 500 €.

Cumuler plusieurs bénéficiaires pour optimiser la transmission

Désigner plusieurs bénéficiaires constitue le levier d'optimisation le plus direct. Chacun bénéficie de son propre abattement de 152 500 €. La clause bénéficiaire standard (« mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers ») ou une clause démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) permet d'articuler cette multiplication des abattements.

Un couple avec trois enfants peut structurer la transmission pour que chaque enfant reçoive jusqu'à 152 500 € en franchise de droits, soit un total de 457 500 € exonérés. La rédaction précise de la clause bénéficiaire est déterminante : une clause mal rédigée peut concentrer les capitaux sur un seul bénéficiaire et gaspiller les abattements disponibles.

Plafond assurance vie après 70 ans : abattement de 30 500 € et droits de succession

Le régime des primes versées après le 70ᵉ anniversaire du souscripteur obéit à une logique radicalement différente. L'article 757 B du CGI prévoit un abattement unique et global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires, et non par bénéficiaire. Au-delà, les primes sont réintégrées dans la succession et soumises aux droits de mutation selon le lien de parenté.

Cette distinction entre avant et après 70 ans est l'une des plus importantes à comprendre pour qui souhaite transmettre via l'assurance vie. Si vous envisagez de comparer assurance vie et PER dans une optique de transmission, cette différence de traitement est déterminante.

30 500 € : un abattement partagé, pas par bénéficiaire

L'abattement de 30 500 € s'applique une seule fois, tous bénéficiaires confondus, sur l'ensemble des primes versées après 70 ans (impots.gouv.fr). Si le souscripteur a versé 50 000 € après 70 ans et désigné deux bénéficiaires à parts égales, l'abattement de 30 500 € est réparti entre eux, et les 19 500 € restants sont soumis aux droits de mutation.

Cette différence avec le régime des 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans est fondamentale. Après 70 ans, multiplier les bénéficiaires n'augmente pas l'abattement global. La stratégie de versement doit donc être repensée à l'approche de cet âge charnière.

Les droits de mutation au-delà : calcul selon le lien de parenté

Une fois l'abattement de 30 500 € épuisé, la fraction excédentaire des primes est soumise aux droits de mutation par décès. Le taux applicable dépend du lien de parenté entre le souscripteur et chaque bénéficiaire. Pour un enfant, après l'abattement classique de 100 000 € (tous les 15 ans), les tranches vont de 5 % à 45 % selon le montant transmis.

Un bénéficiaire sans lien de parenté (concubin, ami) peut subir un taux de 60 % sur la part taxable. Ce traitement nettement moins favorable que le régime avant 70 ans incite à concentrer les versements importants avant cet anniversaire.

Les intérêts restent exonérés : un avantage souvent oublié

Un point crucial, souvent ignoré : seules les primes versées après 70 ans sont soumises au régime de l'article 757 B. Les intérêts et plus-values capitalisés sur ces primes restent totalement exonérés de droits de succession.

Concrètement, un versement de 100 000 € effectué à 72 ans qui génère 30 000 € d'intérêts avant le décès : seuls les 100 000 € de primes sont pris en compte pour l'abattement de 30 500 €. Les 30 000 € de gains sont transmis nets de droits. Cette exonération des intérêts constitue un avantage successoral résiduel qui peut justifier certains versements après 70 ans, notamment via des supports en unités de compte à potentiel de rendement.

L'erreur courante à éviter : confondre plafond de versement et plafond fiscal

La confusion entre ces différents seuils est la source d'erreurs coûteuses. Distinguons les trois pièges les plus fréquents, observés en pratique chez les épargnants qui découvrent ces mécanismes.

« Je ne peux pas verser plus de 152 500 € » : le malentendu

De nombreux épargnants croient, après une lecture rapide, que le seuil de 152 500 € (abattement successoral avant 70 ans) ou celui de 150 000 € (seuil fiscal retraits) constitue un plafond de dépôt. Résultat : ils limitent leurs versements, parfois pendant des années, croyant respecter une contrainte légale qui n'existe pas.

Rappelons-le : aucun plafond de versement ne s'applique (service-public.fr, 2026). Vous pouvez investir 300 000 €, 500 000 € ou davantage. Les seuils de 150 000 € et 152 500 € concernent exclusivement la fiscalité des retraits et la transmission. Ne pas les comprendre vous prive d'un levier de capitalisation puissant.

Verser massivement après 70 ans sans stratégie : les conséquences fiscales

À l'inverse, certains épargnants concentrent leurs versements après 70 ans sans mesurer le changement de régime successoral. Au lieu de bénéficier de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, leurs primes sont désormais soumises au plafond global de 30 500 € (art. 757 B CGI). L'écart est considérable.

Un versement de 200 000 € effectué à 75 ans, avec un bénéficiaire unique : l'abattement de 30 500 € laisse 169 500 € soumis aux droits de mutation, soit potentiellement plusieurs dizaines de milliers d'euros de droits. Le même versement à 68 ans aurait bénéficié intégralement de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. La différence de traitement fiscal peut atteindre des dizaines de milliers d'euros selon le lien de parenté.

Oublier de désigner plusieurs bénéficiaires : un coût souvent évitable

Désigner un bénéficiaire unique (souvent le conjoint, exonéré) sans prévoir de bénéficiaires subsidiaires est une erreur classique. Au décès du conjoint, le capital peut être transmis aux enfants, mais l'abattement de 152 500 € n'aura été utilisé qu'une fois.

Avec trois enfants désignés comme bénéficiaires à parts égales, l'abattement disponible est de 457 500 € (3 × 152 500 €). Une clause bénéficiaire correctement rédigée : idéalement avec l'aide d'un notaire ou d'un conseiller en gestion de patrimoine : permet d'exploiter pleinement ce levier. La clause type proposée par l'assureur est souvent insuffisante pour une stratégie patrimoniale élaborée.

Récapitulatif : les quatre seuils clés de l'assurance vie

Le tableau ci-dessous synthétise les quatre seuils distincts que nous avons examinés. Chacun obéit à une logique propre et s'applique dans des circonstances différentes : versement, retrait ou transmission.

📌 Important : ces seuils ne sont pas des plafonds de dépôt. Ils déterminent le traitement fiscal applicable en cas de retrait (150 000 €) ou de transmission (152 500 € et 30 500 €). Le seul plafond contraignant est celui des frais à l'entrée, fixé à 5 % du versement annuel par le Code des assurances.

Pour approfondir la comparaison avec d'autres enveloppes fiscales, notre article sur l'assurance vie ou le PEA détaille les plafonds et la fiscalité de chaque support.

Stratégies patrimoniales pour optimiser autour de ces plafonds

Comprendre ces seuils permet d'articuler une stratégie patrimoniale cohérente. Voici trois leviers concrets, sans promesse de résultat, que les épargnants avisés mettent en œuvre. Pour une vision d'ensemble du fonctionnement du contrat d'assurance vie, notre guide détaillé couvre tous les aspects pratiques.

Ouvrir un contrat tôt : faire courir l'horloge fiscale

L'antériorité fiscale de 8 ans détermine l'accès au PFU réduit de 7,5 % et à l'abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €. Ouvrir un contrat tôt : même avec un versement modeste : fait courir ce délai.

Un contrat ouvert à 30 ans avec 500 € permet d'atteindre la maturité fiscale à 38 ans. Les versements significatifs peuvent intervenir plus tard, lorsque la capacité d'épargne augmente. Cette stratégie ne coûte presque rien et sécurise l'avantage fiscal pour les décennies suivantes.

Fractionner les bénéficiaires pour maximiser les abattements successoraux

L'abattement de 152 500 € étant accordé par bénéficiaire (art. 990 I CGI), multiplier les têtes de bénéficiaires décuple la capacité de transmission exonérée. Trois enfants = 457 500 €. Cinq petits-enfants en complément des enfants = jusqu'à 762 500 € supplémentaires.

Le démembrement de la clause bénéficiaire (usufruit au conjoint survivant, nue-propriété aux enfants) optimise encore le dispositif en évitant que le capital ne soit imposé deux fois au décès successif des parents. Cette rédaction requiert l'intervention d'un professionnel.

Utiliser l'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € chaque année

L'abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains après 8 ans se renouvelle chaque 1ᵉʳ janvier (economie.gouv.fr). Programmer des retraits réguliers inférieurs à ce seuil permet d'extraire des gains en franchise d'IR, année après année.

Un couple peut retirer 9 200 € de gains par an, soit 92 000 € sur 10 ans, sans un euro d'impôt sur le revenu. Cette stratégie de « purge » fiscale est particulièrement adaptée aux épargnants qui souhaitent compléter leurs revenus sans alourdir leur pression fiscale. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas.

Points clés

  • Aucun plafond légal de versement : vous déposez librement, sous réserve de ne pas verser des primes « manifestement exagérées » au regard de votre patrimoine.
  • Le seuil de 150 000 € d'encours n'est pas un plafond de dépôt, mais un seuil fiscal : en dessous, vos gains après 8 ans sont taxés à 7,5 % (PFU) ; au-delà, la part excédentaire passe à 12,8 %.
  • Pour la succession, deux régimes coexistent : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, et 30 500 € d'abattement global pour les primes versées après 70 ans.
  • Les intérêts capitalisés restent exonérés de droits de succession, même pour les primes versées après 70 ans : un avantage souvent méconnu.
  • Désigner plusieurs bénéficiaires permet de multiplier l'abattement de 152 500 €, sans plafonnement global entre eux.

Sources

Fiche pratique

Abattement successoral après 70 ans (art. 757 B CGI)30 500 € (global, partagé entre tous les bénéficiaires)
Abattement successoral avant 70 ans (art. 990 I CGI)152 500 € par bénéficiaire
Seuil fiscal PFU réduit (impots.gouv.fr)150 000 € d'encours tous contrats confondus
PFU sous 150 000 € d'encours (> 8 ans)7,5 % + 17,2 % de PS = 24,7 %
PFU au-delà de 150 000 € (> 8 ans)12,8 % + 17,2 % de PS = 30 %
Abattement annuel gains retirés (> 8 ans)4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple)
Plafond maximum de versementAucun (service-public.fr, 2026)
Frais à l'entrée maximum légal5 % du versement annuel (Code des assurances, 2026)
Taux successoral au-delà de 152 500 €20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %
Exonération IR sur gains (> 8 ans) si RFR faible< 25 000 € (célib.) / < 50 000 € (couple) – dispense de PFL

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Questions sur le patrimoine

quel est le plafond d une assurance vie

Un contrat d'assurance vie n'a pas de plafond légal de versement (service-public.fr, 2026). Vous pouvez déposer autant que vous le souhaitez. La seule limite : les primes ne doivent pas être « manifestement exagérées » au regard de votre patrimoine, sous peine d'être réintégrées dans la succession par les héritiers ou l'administration fiscale.

quel est le plafond d'une assurance vie

Deux plafonds successoraux distincts encadrent la transmission. Pour les primes versées avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I CGI), au-delà taxation à 20 % puis 31,25 %. Pour les primes versées après 70 ans : abattement unique et global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires (art. 757 B CGI), au-delà droits de mutation selon le lien de parenté.

quel est le plafond pour une assurance vie

Aucun plafond de versement. Les trois seuils à connaître : 150 000 € d'encours (seuil fiscal PFU), 152 500 € par bénéficiaire (abattement successoral avant 70 ans), 30 500 € global (abattement après 70 ans). Ces seuils ne limitent pas vos dépôts : ils déterminent seulement la fiscalité applicable en cas de retrait ou de transmission.

quel est le plafond de l'assurance vie

Le seuil de 150 000 € d'encours, tous contrats confondus, détermine le taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les gains retirés après 8 ans de détention. En dessous, les gains sont taxés à 7,5 % ; au-dessus, la part d'encours excédentaire est taxée à 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent dans les deux cas.

quel plafond pour une assurance vie

L'assurance vie applique quatre seuils distincts, aucun n'étant un plafond de versement : (1) versements illimités, (2) 150 000 € d'encours pour le taux réduit du PFU à 7,5 %, (3) 152 500 € par bénéficiaire d'abattement successoral avant 70 ans, (4) 30 500 € d'abattement global après 70 ans. Chaque seuil obéit à une logique fiscale différente.