Exemples de clause bénéficiaire assurance vie : modèles rédigés et erreurs
7 exemples de clause bénéficiaire assurance vie prêts à l'emploi : désignation nominative, parts égales, démembrement, renonciation. Rédigez sans erreur

La clause bénéficiaire d'une assurance vie désigne la ou les personnes qui percevront le capital en cas de décès de l'assuré. Elle doit être rédigée avec précision : nom complet, date de naissance et adresse du bénéficiaire, rangs de substitution en cas de prédécès. Une clause imprécise ou obsolète entraîne la réintégration du capital dans la succession, avec perte des avantages fiscaux propres à l'assurance vie (article L132-8 du Code des assurances).
La clause bénéficiaire d'une assurance vie détermine qui percevra le capital en cas de décès de l'assuré : cette décision échappe aux règles de la succession classique. Sa rédaction est encadrée par l'article L132-8 du Code des assurances, mais c'est au souscripteur qu'il revient de choisir les mots justes. Une formulation imprécise peut réduire à néant des années d'épargne : le capital retombe dans la succession, avec les droits qui en découlent. Ce guide propose 7 modèles de clause bénéficiaire adaptés aux situations familiales les plus courantes, accompagnés des précautions juridiques à connaître pour chaque cas.
Ce qu'il faut retenir
- La clause bénéficiaire prime sur les règles successorales classiques : le capital décès est transmis directement au bénéficiaire désigné.
- Sans précision suffisante (nom, date de naissance, adresse), le capital risque d'être réintégré dans la succession et donc soumis aux droits de succession.
- Une clause standard « conjoint, puis enfants, puis héritiers » convient aux situations familiales simples mais devient dangereuse en cas de divorce ou de famille recomposée.
- La clause démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) protège le conjoint tout en sécurisant le capital pour les enfants.
- Toute modification de clause bénéficiaire doit être notifiée par écrit à l'assureur, sans obligation d'information du bénéficiaire antérieur.
Ce qu'est vraiment une clause bénéficiaire (et pourquoi elle prime sur la succession)
Une clause bénéficiaire est la mention inscrite dans un contrat d'assurance vie qui désigne la ou les personnes appelées à recevoir le capital en cas de décès de l'assuré. Contrairement à une idée répandue, ce capital ne fait pas partie de la succession : il est transmis directement au bénéficiaire désigné, en vertu d'un mécanisme juridique propre au contrat d'assurance vie.
L'article L132-8 du Code des assurances (source Légifrance) pose le principe : le capital décès est attribué au bénéficiaire désigné, sans transiter par la succession. Cette règle a une conséquence majeure pour le souscripteur : la clause bénéficiaire engage durablement la destination de son épargne. Elle peut être modifiée à tout moment, tant que le bénéficiaire ne l'a pas acceptée formellement.
Dans les faits, beaucoup de souscripteurs négligent la rédaction de cette clause. Ils cochent la case « clause standard » sans mesurer les conséquences pour leurs proches. Pourtant, une clause bien rédigée est le seul moyen de garantir que le capital ira exactement à qui vous voulez, quand vous voulez, et dans les conditions fiscales les plus avantageuses prévues par le contrat.
Pour comprendre les principes fondamentaux de ce produit d'épargne, nous vous invitons à consulter notre guide complet sur le fonctionnement de l'assurance vie.
Clause bénéficiaire et contrat assurance vie : le lien juridique
La désignation bénéficiaire est un acte unilatéral du souscripteur. Elle prend effet dès la signature du contrat, mais reste révocable jusqu'à l'acceptation par le bénéficiaire (article L132-9 du Code des assurances). Une fois le bénéficiaire acceptant, le souscripteur ne peut plus modifier la clause ni procéder à un rachat sans son accord.
Cette acceptation transforme le droit du bénéficiaire d'un simple droit éventuel en un droit acquis. En pratique, peu de bénéficiaires acceptent formellement avant le décès du souscripteur. Mais si vous souhaitez figer la désignation : par exemple dans une stratégie de transmission : , faire accepter la clause par le bénéficiaire de votre vivant constitue une sécurité supplémentaire pour lui.
Clause standard, clause par défaut et clause particulière : les trois niveaux
La plupart des assureurs proposent trois niveaux de rédaction.
- La clause par défaut : le contrat, en l'absence de toute mention, désigne généralement les héritiers légaux. Ce niveau minimal expose le capital aux règles successorales classiques.
- La clause standard : un libellé pré-rédigé de type « mon conjoint, à défaut mes enfants, à défaut mes héritiers ». Simple mais pas toujours adapté.
- La clause particulière : une rédaction libre, nominative et sur mesure. C'est le seul niveau qui garantit une transmission conforme à vos intentions réelles, notamment dans les familles recomposées ou les situations patrimoniales complexes.
Le choix entre ces trois niveaux dépend de votre situation familiale et de vos objectifs patrimoniaux. Une clause particulière rédigée avec soin évite les contentieux entre héritiers et sécurise l'exécution du contrat par l'assureur.
Clause bénéficiaire assurance vie standard : l'exemple par défaut décrypté
La clause standard proposée par la quasi-totalité des assureurs français suit ce libellé : « Mon conjoint non séparé de corps, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux, à défaut mes héritiers. »
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Simple, efficace, elle évite au souscripteur de se creuser la tête. Pourtant, chaque terme de cette phrase a une portée juridique précise. Comprendre ce que vous signez est indispensable avant de vous en remettre à ce modèle par défaut. Si vous découvrez l'assurance vie, notre guide complet sur le contrat d'assurance vie vous donnera les bases du fonctionnement du produit.
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Cette clause convient aux situations familiales sans ambiguïté. Elle devient dangereuse dans tous les autres cas : divorce non actualisé, enfant d'un premier lit exclu involontairement, partenaire de PACS ignoré. Nous allons décortiquer chaque terme pour que vous sachiez exactement ce que cette clause implique.
Le libellé standard décortiqué mot à mot
« Mon conjoint non séparé de corps » : seul l'époux ou l'épouse encore marié(e) et vivant avec l'assuré au moment du décès est visé. Le partenaire de PACS et le concubin sont exclus. Quant au conjoint divorcé, il est automatiquement écarté.
« À défaut mes enfants nés ou à naître » : le capital va aux enfants si le conjoint est prédécédé. L'expression « nés ou à naître » couvre les enfants conçus mais non encore nés au jour du décès, ainsi que les enfants futurs sans modification de la clause.
« Vivants ou représentés » : si un enfant est prédécédé, ses propres enfants (les petits-enfants) reçoivent sa part. C'est le mécanisme de la représentation successorale.
« Par parts égales entre eux » : chaque bénéficiaire de même rang reçoit une fraction identique du capital.
« À défaut mes héritiers » : ultime filet de sécurité. Sans conjoint ni enfant survivant, le capital est attribué selon les règles de la dévolution successorale légale.
Quand la clause par défaut devient insuffisante
Trois situations courantes rendent cette clause inadaptée. D'abord, un couple non marié : le partenaire de PACS ou le concubin ne touchera rien, car la clause mentionne exclusivement le « conjoint ». Ensuite, une famille recomposée : les enfants du conjoint (beaux-enfants), qui ne sont pas les enfants de l'assuré, n'héritent de rien via cette clause. Enfin, un divorce non suivi d'une mise à jour : si « votre conjoint » désigne encore votre ex-époux(se) dans la clause, le capital lui reviendra.
Le piège est réel. Dans les faits, un souscripteur sur deux ne modifie jamais sa clause bénéficiaire après un changement de situation familiale, selon les observations de terrain rapportées par les associations de consommateurs. Une clause standard non actualisée après un divorce peut ainsi ruiner des années d'épargne en les attribuant à une personne que vous ne souhaitiez plus avantager.
7 exemples de clause bénéficiaire prêts à l'emploi selon votre situation
Les modèles qui suivent couvrent les situations familiales et patrimoniales les plus fréquentes. Chaque exemple a été conçu pour être juridiquement solide et opposable à l'assureur. Vous pouvez les recopier tels quels en remplaçant les informations entre crochets par vos données personnelles.
Ces formulations ne nécessitent pas l'intervention d'un notaire pour être valides. Un courrier recommandé à votre assureur suffit. Pour les situations complexes : famille recomposée avec enfants de plusieurs lits, patrimoine important, stratégie de transmission sur plusieurs générations : , la consultation d'un professionnel reste prudente.
Désignation nominative et enfants par parts égales
Exemple 1 : Désignation nominative complète :
« Je désigne comme bénéficiaire de mon contrat d'assurance vie : Madame/Monsieur [Nom, Prénom], né(e) le [date de naissance] à [lieu de naissance], demeurant [adresse complète]. À défaut, je désigne [Nom, Prénom du bénéficiaire de second rang], né(e) le [date], demeurant [adresse]. À défaut, mes héritiers légaux. »
Ce modèle est le plus sûr. En identifiant chaque bénéficiaire par son état civil complet, vous éliminez tout risque d'ambiguïté. L'assureur n'aura aucune difficulté à retrouver la personne, même des décennies après la signature. Prévoyez toujours au moins un bénéficiaire de second rang.
Exemple 2 : Enfants par parts égales :
« Mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux. À défaut, mes héritiers légaux. »
Adaptée quand vous souhaitez transmettre à vos enfants sans avantager l'un d'eux. La mention « nés ou à naître » évite de modifier la clause à chaque naissance. La représentation protège vos petits-enfants si l'un de vos enfants décède avant vous.
Petits-enfants et clause avec renonciation
Exemple 3 : Petits-enfants nés ou à naître :
« Mes petits-enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux. À défaut, mes enfants, vivants ou représentés, par parts égales entre eux. À défaut, mes héritiers légaux. »
Cette clause saute une génération. Elle est pertinente quand vos enfants sont déjà autonomes financièrement et que vous souhaitez aider vos petits-enfants (études, premier apport immobilier). Fiscalement, chaque petit-enfant bénéficie d'un abattement spécifique, distinct de celui de ses parents, ce qui peut optimiser la transmission.
Exemple 4 : Clause avec renonciation :
« [Nom, Prénom du bénéficiaire], né(e) le [date] à [lieu], demeurant [adresse]. En cas de renonciation de sa part, le capital sera attribué à [Nom, Prénom du bénéficiaire subsidiaire], né(e) le [date], demeurant [adresse]. À défaut, mes héritiers légaux. »
Un bénéficiaire peut refuser le capital (par exemple pour des raisons fiscales ou pour ne pas mélanger le capital avec son patrimoine personnel). Prévoir un bénéficiaire subsidiaire évite que le capital ne retombe dans la succession en cas de renonciation.
Partenaire de PACS, concubin et personne morale
Exemple 5 : Partenaire de PACS ou concubin nommé :
« Je désigne comme bénéficiaire : Madame/Monsieur [Nom, Prénom], né(e) le [date de naissance] à [lieu], demeurant [adresse], avec laquelle/lequel je suis lié(e) par un Pacte Civil de Solidarité enregistré le [date] / avec laquelle/lequel je vis en concubinage. À défaut, mes enfants [ou noms précis des enfants], vivants ou représentés, par parts égales entre eux. À défaut, mes héritiers légaux. »
Le partenaire de PACS et le concubin n'étant pas un « conjoint » au sens de la clause standard, seule une désignation nominative les protège. Mentionner la nature du lien (PACS ou concubinage) renforce la solidité de la clause face à un éventuel contentieux.
Exemple 6 : Personne morale ou association :
« Je désigne comme bénéficiaire : l'association [Nom complet de l'association], dont le siège social est situé [adresse complète], enregistrée sous le numéro SIRET [numéro]. À défaut, [nom d'une autre association ou héritiers]. »
Une association reconnue d'utilité publique bénéficie d'une exonération totale de droits de mutation. Vérifiez auprès de l'association qu'elle accepte d'être désignée bénéficiaire et qu'elle existe toujours au moment de la souscription. L'idéal est d'obtenir un courrier de son représentant légal confirmant cette acceptation.
Clause démembrée : usufruitier et nu-propriétaires
Exemple 7 : Clause démembrée conjoint/enfants :
« Mon conjoint, Madame/Monsieur [Nom, Prénom], né(e) le [date] à [lieu], demeurant [adresse], pour l'usufruit de l'intégralité du capital. Mes enfants, [Nom, Prénom de chaque enfant avec date de naissance], pour la nue-propriété, par parts égales entre eux. En cas de prédécès de mon conjoint, le capital sera attribué en pleine propriété à mes enfants, vivants ou représentés, par parts égales entre eux. »
Le démembrement protège simultanément le conjoint survivant et les enfants. Le conjoint usufruitier peut utiliser le capital librement (en percevoir les revenus, occuper le bien acquis avec les fonds) sans pouvoir le consommer. Les enfants nus-propriétaires récupèrent la pleine propriété au décès du conjoint, sans taxation supplémentaire.
⚠️ Attention : la valeur de l'usufruit est déterminée selon le barème de l'article 669 du Code général des impôts, en fonction de l'âge de l'usufruitier. Ce barème détermine la répartition fiscale entre usufruit et nue-propriété au moment du décès. Un notaire peut vous aider à chiffrer cette répartition.
Cas pratique : choisir la bonne clause selon sa situation familiale
Deux profils type illustrent concrètement comment la clause s'adapte à la réalité patrimoniale et familiale. L'objectif : montrer qu'une même formulation peut être idéale pour l'un et désastreuse pour l'autre.
Pour approfondir l'articulation entre clause bénéficiaire et fiscalité au décès, consultez notre dossier complet sur l'assurance vie et la succession.
Pour des informations détaillées sur l'impact fiscal et les abattements en vigueur, notre article sur l'assurance vie et transmission est une ressource précieuse.
Scénario 1 : couple marié avec deux enfants communs
Marc et Sophie, mariés sous le régime de la communauté légale, ont deux enfants de 12 et 15 ans. Leur situation est simple, sans enfant d'un précédent lit. Marc détient un contrat d'assurance vie de 80 000 €.
Pour ce profil, la clause standard fonctionne : « Mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux, à défaut mes héritiers. »
Au décès de Marc, Sophie reçoit l'intégralité du capital. Si Sophie est déjà décédée, les deux enfants se partagent 80 000 €, soit 40 000 € chacun. La fiscalité applicable dépend de la date des versements et de l'âge de Marc lors de chaque prime. Les enfants bénéficient chacun de l'abattement de 152 500 € sur les sommes reçues au titre de l'assurance vie, donc aucune taxation dans ce cas de figure.
Scénario 2 : famille recomposée ou situation non standard
Nathalie, divorcée, vit en concubinage avec Julien. Elle a une fille de sa première union, Léa (20 ans). Julien n'a pas d'enfant. Nathalie souhaite protéger Julien sans déshériter Léa.
La clause standard est ici catastrophique : Julien, simple concubin, n'est pas un « conjoint ». Il ne toucherait rien. Léa, fille unique de Nathalie, recevrait tout, ce qui n'est pas l'objectif.
La solution : une clause nominative avec deux bénéficiaires de premier rang. « Julien [Nom, Prénom, date de naissance, adresse] pour 50 % du capital, et Léa [Nom, Prénom, date de naissance, adresse] pour 50 %. En cas de prédécès de l'un, sa part revient à l'autre. À défaut, mes héritiers légaux. »
Julien touche 40 000 € (pour un contrat de 80 000 €). Il n'étant ni conjoint ni parent, la fiscalité est lourde : 60 % de droits après un abattement de 1 594 €. Léa, en ligne directe, bénéficie de l'abattement de 152 500 € : aucune taxation sur ses 40 000 €. Si Nathalie veut réduire la fiscalité pour Julien, elle peut envisager un PACS, qui alignerait son régime sur celui du conjoint (exonération totale).
Si Nathalie veut réduire la fiscalité pour Julien, elle peut envisager un PACS, qui alignerait son régime sur celui du conjoint (exonération totale). Un simulateur assurance vie peut vous aider à estimer l'impact fiscal de différentes stratégies.
Comment rédiger et modifier la clause bénéficiaire : démarche pas à pas
Modifier la clause bénéficiaire est techniquement simple, mais chaque étape conditionne la validité de la nouvelle désignation. Deux voies existent : inscrire la clause directement dans le contrat, ou la consigner dans un testament notarié. La première est plus rapide, la seconde offre une traçabilité supérieure.
Si vous êtes bénéficiaire d'un contrat dont l'assuré est décédé, savoir retrouver un contrat d'assurance vie avec l'Agira est la première démarche à accomplir.
Désigner via le contrat ou via un testament : quelle différence ?
La clause inscrite directement dans le contrat (ou dans un avenant) est notifiée immédiatement à l'assureur. Elle prend effet sans délai et reste confidentielle : seul l'assureur en connaît la teneur. C'est la voie la plus courante.
La clause déposée chez un notaire dans un testament authentique bénéficie d'une force probante supérieure. Le notaire veille à ce que la formulation soit juridiquement irréprochable. En contrepartie, le testament n'est découvert qu'au décès, ce qui peut ralentir le versement du capital. Les deux voies sont cumulables : une clause testamentaire peut confirmer ou préciser une clause contractuelle.
En pratique, pour les situations familiales standard, la clause contractuelle suffit. Pour les montages patrimoniaux complexes ou les risques de contentieux familial, le testament notarié sécurise la transmission.
Modèle de lettre de modification clause bénéficiaire assurance vie
Toute modification s'effectue par courrier recommandé avec accusé de réception adressé à l'assureur. Voici la trame à suivre :
« Objet : Modification de la clause bénéficiaire du contrat d'assurance vie n° [numéro]
Madame, Monsieur,
Je soussigné(e) [Nom, Prénom], né(e) le [date] à [lieu], demeurant [adresse], titulaire du contrat d'assurance vie référencé ci-dessus, vous demande de bien vouloir modifier la clause bénéficiaire de ce contrat comme suit :
[Nouvelle clause rédigée intégralement]
Cette nouvelle clause bénéficiaire annule et remplace toute disposition antérieure.
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Date et signature] »
L'assureur accuse réception et conserve la nouvelle clause. Conservez une copie du courrier et l'accusé de réception. Aucun frais n'est facturé pour cette modification.
L'erreur courante qui rend la clause caduque (et comment l'éviter)
La clause bénéficiaire la mieux intentionnée peut devenir un piège si elle n'est pas actualisée. Le problème numéro un rencontré par les assureurs au moment du dénouement d'un contrat : une clause rédigée il y a vingt ans, jamais mise à jour, qui désigne un ex-conjoint ou un bénéficiaire prédécédé sans représentation prévue.
Pour une vision d'ensemble de la transmission via l'assurance vie, y compris les aspects fiscaux, notre dossier assurance vie et transmission détaille les abattements et barèmes en vigueur.
Pour approfondir les aspects de l'assurance vie et de la transmission, incluant les barèmes et abattements, vous pouvez consulter notre dossier dédié sur l'assurance vie succession 2026 : fiscalité et bénéficiaires.
Clause imprécise ou obsolète : le capital retombe dans la succession
Prenons un cas concret : un souscripteur avait désigné « mon épouse » comme bénéficiaire. Il divorce en 2010, se remarie en 2015, décède en 2026 sans avoir actualisé sa clause. Résultat : l'assureur, confronté à une incertitude (laquelle des deux « épouses » ?), peut bloquer le versement. Pire, le capital peut être réintégré dans la succession et soumis aux droits de mutation, alors même que l'assurance vie bénéficie en principe d'une fiscalité allégée.
Autre cas fréquent : un bénéficiaire unique décède avant l'assuré, et aucun bénéficiaire de second rang n'est prévu. Le capital « tombe » dans le contrat, puis est reversé à la succession. Les droits de succession s'appliquent alors au barème classique, effaçant les avantages fiscaux du contrat. La parade : toujours prévoir au minimum deux rangs de bénéficiaires et utiliser la mention « vivants ou représentés » pour les descendants.
Les 5 règles de rédaction pour une clause valide et opposable
Nom et prénom complets : évitez les diminutifs, les surnoms, les liens de parenté sans nom (« mon fils aîné »).
Date et lieu de naissance : ces deux éléments sont les plus discriminants pour identifier une personne sans ambiguïté, même en cas d'homonymie.
Adresse complète : elle facilite la recherche du bénéficiaire par l'assureur au moment du décès, parfois des décennies plus tard.
Rangs de substitution : le premier rang désigne le bénéficiaire prioritaire. Le deuxième rang intervient si le premier est prédécédé ou renonce. Un troisième rang (« à défaut, mes héritiers ») constitue le filet de sécurité ultime.
Mise à jour systématique après chaque événement familial : mariage, divorce, naissance, décès d'un bénéficiaire. Une clause bénéficiaire n'est pas un document qu'on signe et qu'on oublie. C'est un acte vivant, qui doit refléter votre situation familiale réelle au moment du décès.
💡 À noter : l'assureur n'a pas l'obligation de vérifier que votre clause est toujours pertinente. C'est à vous, souscripteur, de prendre l'initiative de la modifier. Un rendez-vous annuel avec votre conseiller ou une relecture à chaque déclaration d'impôts peut servir de rappel.
Fiche pratique
| Cadre légal | Articles L132-8 et L132-9 du Code des assurances |
| Rédaction minimale exigée | Nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse complète du bénéficiaire |
| Modification de la clause | Par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l'assureur |
| Acceptation du bénéficiaire | Bloque toute modification ou rachat sans son accord (art. L132-9) |
| Recherche de contrat décès | AGIRA (www.agira.fr) : formulaire en ligne gratuit |
| Fiche officielle | service-public.fr (fiche F2909) |
| Délai de versement du capital | 1 mois après réception des pièces complètes par l'assureur (art. L132-23-1) |
Sources
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
Questions sur le patrimoine
Comment bien rédiger la clause bénéficiaire de son assurance vie ?
Une clause bénéficiaire bien rédigée identifie chaque bénéficiaire par son nom, prénom, date et lieu de naissance, et adresse complète. Elle prévoit un ou plusieurs rangs de substitution en cas de prédécès du bénéficiaire de premier rang. Les termes « vivants ou représentés » garantissent que les descendants d'un bénéficiaire prédécédé reçoivent sa part. Enfin, la clause doit être actualisée après chaque événement familial majeur (mariage, divorce, naissance, décès).
Quelle est la meilleure clause bénéficiaire pour une assurance vie ?
Aucune clause n'est universellement « meilleure » : tout dépend de la situation familiale et des objectifs de transmission. Pour un couple marié avec enfants communs, la clause standard (conjoint, puis enfants, puis héritiers) fonctionne bien. Pour une famille recomposée, mieux vaut une désignation nominative avec parts précisées. Pour protéger le conjoint tout en transmettant aux enfants, la clause démembrée (usufruit/nue-propriété) est souvent la plus adaptée. Un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine peut aider à choisir la formulation optimale.
Comment dois-je indiquer le bénéficiaire dans la clause bénéficiaire d'une assurance vie ?
Le bénéficiaire doit être désigné par son nom, prénom, date et lieu de naissance, et adresse complète. Évitez les désignations floues comme « mon épouse » ou « mes enfants » sans autre précision, car elles peuvent devenir caduques après un divorce ou difficiles à interpréter. Précisez également les rangs de bénéficiaires : premier rang (ex. conjoint), second rang (ex. enfants), et « à défaut » (ex. héritiers légaux). Pour les enfants, la mention « nés ou à naître » couvre les enfants futurs sans avoir à modifier la clause ultérieurement.
Comment rédiger une clause bénéficiaire démembrée pour une assurance vie ?
La clause démembrée attribue l'usufruit du capital à une personne (souvent le conjoint survivant) et la nue-propriété à d'autres (généralement les enfants). Formulation type : « Mon conjoint [Nom, Prénom, date de naissance, adresse] pour l'usufruit, et mes enfants [ou noms] pour la nue-propriété, par parts égales entre eux. » Au décès de l'usufruitier, les nus-propriétaires récupèrent la pleine propriété sans nouveau passage fiscal. Cette clause nécessite un chiffrage précis des droits de chacun selon le barème de l'article 669 du Code général des impôts.
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